Infection urinaire : de quelle façon peut-on se débarrasser d’une cystite ?

La cystite regroupe en France, près de 3 millions de consultations annuelles, avec une prédominance au niveau des femmes ayant entre 20 et 40 ans. Elle se caractérise par des envies régulières d’urine, tous les quarts d’heures, avec des inflammations et des douleurs au niveau des parties génitales. Si vous ressentez donc ces symptômes, il y a de fortes chances que cela soit une cystite.

Quelles sont les moyens de traitement qui existent en prévention et en soin ? À travers ce dossier, nous vous dévoilons tout.

Présentation d’une cystite (Infection urinaire)

Une cystite est un type d’infection urinaire, pouvant trouver son origine dans les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Les reins sont connus pour leur rôle de filtre du sang afin de favoriser l’évacuation des déchets, et la régulation de la pression sanguine. Les uretères sont les mini tuyaux par lesquels transite l’urine quittant les reins pour aller au niveau de la vessie. Cette dernière est le contenant de l’urine en attendant son évacuation par le biais de l’urètre.

On distingue 3 genres d’infections urinaires selon leur zone d’attaque.

  • La cystite infectieuse: c’est le type de cystite à qui l’on a souvent affaire, donc le sujet de ce dossier. C’est une forme d’infection qui sévit principalement chez la gent féminine et consiste en une inflammation de la vessie. La bactérie en cause est l’Escherichia coli, actrice de 90% des cas de cystite. Les cellules bactériennes se retrouvent aux abords de l’anus et de l’intestin, desquels elles transitent par l’urètre pour atteindre la vessie. L’infection est donc accentuée par l’urétrite, c’est-à-dire l’inflammation de l’urètre.
  • L’urétrite infectieuse : c’est une infection qui ne sévit qu’au niveau de l’urètre. Ici, ce sont généralement les Infections Sexuellement Transmissibles qui sont à base, avec une prédominance au niveau de la gent masculine. Cependant, il arrive qu’on décèle des cas d’urétrite infectieuse chez les femmes. Les bactéries en cause ici sont le Chlamydia et le Chez la gente masculine, l’urétrite infectieuse est parfois accentuée de la prostatite.
  • La pyélonéphrite: c’est la forme la plus sévère d’infection urinaire, car les cellules bactériennes s’attaquent au bassinet et au rein. Le bassinet représente la cavité qui emmagasine l’urine. Ce type d’infection est principalement la cause d’une cystite mal traitée et ayant engendré des complications. La cystite quitte la vessie pour se muer vers les reins, causant alors des dommages plus importants. La pyélonéphrite aigue sévit principalement chez les femmes, notamment celles en état de grossesse. On la retrouve aussi chez les enfants souffrant d’une malformation des uretères. Dans ce dernier cas, l’urine remonte de la vessie vers les reins.

La cystite peut être engendrée par tout phénomène qui empêche la sortie l’urine de la vessie, parce que les cellules bactériennes abondent au niveau des urines qui n’ont pas été évacuées.

Parce que l’urètre de la gent féminine est moins long que celui d’un homme, la cystite infectieuse sévit plus chez elle. Le risque que la bactérie remonte vers la vessie est plus grand. 1 femme sur 2 subit une cystite au minimum une fois durant son existence.

Les causes qui justifient l’apparition de la cystite

Habituellement, l’urine est majoritairement composé de l’eau (eà 96%), ensuite des sels et composants organiques. Et plusieurs dispositifs internes permettent de lutter contre les infections, parmi lesquels il y a :

  • L’évacuation des bactéries à chaque miction par le flux urinaire afin d’éviter leur remontée vers la vessie et les reins
  • La lutte contre le développement des cellules bactériennes en raison de la forte acidité de l’urine
  • Le blocage de la remontée des bactéries vers la vessie et les reins grâce à la peau lisse de l’urètre ainsi que sa forme
  • La régulation de la présence des bactéries par le système immunitaire de l’organisme et des substances antibactériennes
  • Chez la gent masculine, l’inhibition des bactéries présentes dans l’urètre grâce aux molécules éjectées par la prostate

Lorsqu’une infection urinaire survient, elle arrive à dompter le dispositif urinaire en place afin de l’infecter de bactéries. En faisant un examen cytobactériologique (ECBU), le médecin pourra vous donner une réelle vue sur l’étendue des dégâts. Dans la grande majorité des situations (au-delà de 90%), c’est une bactérie intestinale  du genre Escherichia coli qui est à l’origine de la cystite infectieuse, mais elle peut également être provoquée par d’autres bactéries du genre Proteus mirabilis, Staphylococcus saphrophyticus, Klebsiella.

Qu’est-ce qui engendre une infection urinaire ?

L’anatomie est un facteur majeur favorisant une infection urinaire.

  • Au niveau de la femme, on remarque que le vagin, l’anus et le méat urinaire cohabitent dans la même zone ; ce qui rend aisé la migration des bactéries (du genre Escherichia coli), se situant au niveau du rectum, vers l’urètre. Ce dernier n’étant pas long (limite 4cm), il est plus facile pour les germes d’atteindre la vessie. En dehors de ce fait, d’autres facteurs tels l’état de grossesse, l’utilisation de tampons durant les menstrues, et l’utilisation d’une méthode contraceptive qui procède par compression de la vessie (le diaphragme) sont autant de facteurs qui favorisent les infections.
  • Au niveau du jeune homme, le genre d’infection urinaire habituellement rencontrée est l’urétrite, très souvent provoquée par l’activité sexuelle. Chez la personne âgée, les problèmes relatifs à la prostate sont en cause.
  • Au niveau des enfants, il y a une forte probabilité que l’infection urinaire soit provoquée par une anomalie anatomique. Il est indispensable que vous consultiez le médecin toutes les fois.

En cas de mauvais traitement ou d’absence de traitement, les cellules bactériennes s’amplifient dans les voies urinaires au point d’atteindre les reins. On assiste alors à une pyélonéphrite, la forme la plus sévère d’une infection urinaire.

Les facteurs de risque de la cystite

Ils sont nombreux :

  • La grossesse, en raison des fluctuations hormonales et de la dilation des voies urinaires. Prenez garde, car les infections peuvent engendrer un accouchement prématuré
  • Le diabète, l’immunodépression, la ménopause
  • L’usage des spermicides
  • Les soins antibiotiques ayant rendus sensibles la flore intestinale et/ou vaginale
  • Le manque d’hydratation ou de mictions
  • Des cas d’hypertrophie de la prostate, au niveau des hommes
  • Trop de temps passé en piscine ou dans la baignoire, en présence des produits agressifs à composés chimiques
  • Tenues vestimentaire collants ou en matière synthétique qui accroit la transpiration et la macération.

Les manifestations de la cystite

Les manifestations habituellement ressenties sont :

  • Les douleurs lorsque vous souhaitez uriner
  • La haute présence de mictions à tout instant
  • La sensation d’envie permanente d’urine
  • Les urines foncées, troubles et malodorantes
  • Le sentiment d’un poids au niveau du bas ventre
  • L’apparition du sang dans l’urine, dans certains cas

Généralement, il n’y a pas présence de fièvre. Si vous ressentez de la fièvre, vous devez immédiatement prendre rendez-vous chez le médecin.

Chez les enfants, les manifestations varient. Parfois, l’enfant ne ressent que la fièvre, ou un mal de ventre ou encore fait des pipis au lit.

Chez les plus petits (bébés et nouveaux nés), vous ne pouvez facilement savoir s’il s’agit ou non d’une infection urinaire. Il est donc primordial de consulter le médecin au plus tôt.

Les moyens de prévention de la cystite

En général, on préconise :

  • De boire une quantité suffisante d’eau quotidienne de 8 verres en moyenne ou l’équivalent de breuvage varié tels que les jus de fruits, thé et bouillons, boissons non gazeuses.
  • D’aller se satisfaire lorsqu’on a envie de faire pipi parce que plus l’urine reste dans la vessie, plus il y a de risque que les cellules bactériennes se développent.
  • Augmenter le niveau d’acidité de l’urine en prenant la vitamine C ou des fruits acidifiants tels que les tomates, les citrons, les oranges et la pamplemousse. Mais prenez garde, ce n’est pas au cours d’un traitement contre l’infection urinaire, mais uniquement en prévention. Toujours à titre préventif, il est indiqué de consommer du jus de Cranberry en raison de sa probable capacité à empêcher des cellules bactérienne d’atteindre les parois des voies urinaires.
  • Manger moins d’épices ou d’aliments excitants tels que le vin blanc et les asperges
  • Eviter au maximum d’être constipé, car les bactéries trainent plus dans le rectum
  • Maintenir l’équilibre de la flore avec des soins probiotiques adéquats.

Quelques mesures de précautions chez les femmes

  • Nettoyer les parties intimes en partant de l’avant vers l’arrière, avec du papier hygiénique ou des lingettes à chaque selle ou urine. Ainsi, vous limiterez considérablement le transit des bactéries de l’anus vers la partie urinaire
  • Faire pipi juste après les relations sexuelles
  • Si vous souffrez de sécheresse vaginale, employez des préservatifs lubrifiés, avec un lubrifiant soluble
  • Faire attention au diaphragme utilisé, car il peut être la cause des infections urinaires répétitives
  • Nettoyer les zones de la vulve et de l’anus tous les jours. N’usez pas des produits chimiques et trop agressifs.
  • N’usez pas de déodorants pour les zones intimes que ce soient des parfums ou des douches vaginales. Prenez garde à vos produits de toilette.

Quelques mesures de précaution chez les hommes

Il n’est pas facile de prévenir l’apparition d’une infection urinaire chez l’homme. Néanmoins, il est recommandé de prendre assez d’eau afin de mieux uriner et de soigner un éventuel trouble de prostate. Aussi, il est conseillé d’utiliser les préservatifs durant les rapports sexuels pour éviter les urétrites, car ce sont des IST.

Les moyens de traitement d’une cystite

La première étape du traitement est la consultation en vue d’un diagnostic. Après avoir réalisé un examen d’urine, le médecin sera en mesure de vous indiquer l’étendue des dégâts.

ATTENTION il est déconseillé de se soigner en prenant un antibiotique restant de votre précédent traitement.

Les soins naturels contre la cystite : la phytothérapie

Plus études cliniques ont démontré les avantages des plantes dans le traitement des cystites, avec une capacité de guérison assez importante et ce, sans risque de résistance des cellules bactériennes aux antibiotiques. Mais pour que la phytothérapie soit efficace, elle doit être employée au plus tôt (dès les premières manifestations de l’infection) avec des plantes en doses suffisantes. On distingue :

  • La Bruyère : accélère l’évacuation de l’urine et par conséquent des bactéries grâce à sa composition anti-inflammatoire et très diurétique
  • La Busserole : un antibactérien intestinal et urinaire, grâce à sa composition en arbutoside, qui produit l’hydroquinone. Aussi, cette plante est diurétique et anti-inflammatoire. Elle n’est cependant pas indiquée chez la femme en état de grossesse.
  • La Myrtille : sa composition met les bactéries hors d’atteinte de la surface de la paroi de la vessie.
  • La Cranberry ou Canneberge : elle empêche les bactéries Escherichia coli de se positionner sur le tractus urinaire grâce à sa composition en Pro-Anthocyanidines de type A (PAC). Pour soigner correctement la cystite, il faut une dose quotidienne d’au moins 36mg de PAC

Le traitement de la cystite par consultation médicale

En allant chez le médecin, celui-ci vérifiera si vous avez des troubles mictionnels prédisposant à cette infection, si vous en aviez souffert par le passé ou si vous aviez contracté d’autres affections ayant rapport à la cystite. Vous subirez un examen visant à déterminer si vous avez de la fièvre (cas de pyélonéphrite, prostatite), des fosses lombaires ou si vous avez une prostate douloureuse et inflammatoire (chez les hommes). Si vous êtes dans une situation de prostatite, le médecin fera une palpation abdominale pour  déterminer le globe. Le médecin fera aussi un examen gynécologique pour la femme pour déterminer s’il  s’agit des brides de l’hymen ou de l’infection. Votre médecin pourra selon votre condition vous prescrire Trimethoprim pour traiter votre cystite.

Quelques examens approfondis

  • La bandelette urinaire : c’est un dispositif vendu en pharmacie qui permet, en 60 secondes, de vérifier la présence de polynucléaires et de nitrites
  • Examen cytobactériologique des urines (ECBU) permet de déterminer la bactérie en cause, ainsi que l’antibiogramme (antibiotiques auxquels elle peut être sensible).
  • Le prélèvement du sang, pour vérifier s’il y a ou non une septicémie
  • Le bilan radiologique pour vérifier, en cas de pyélonéphrite, les causes de l’infection
  • Le bilan radiologique approfondi pour vérifier si ce n’est pas une malformation anatomique qui est à l’origine de l’infection.

Progression d’une infection urinaire

Une infection urinaire, surtout mal traitée peut entrainer de nombreux dégâts. Les infections urinaires telles que la cystite et l’urétrite, lorsqu’elles ne pas vite soignées peuvent progresser vers le rein et devenir une pyélonéphrite, encore appelée infection urinaire haute.

A ce niveau, les risques de complication sont encore plus extrêmes, avec la possibilité que les cellules bactériennes se propagent dans le sang. Le patient peut être alors confronté à un choc sceptique, c’est-à-dire le mauvais fonctionnement des organes vitaux de l’organisme. Une hospitalisation en réanimation serait alors indispensable.

Dans ces graves cas, le rein peut subir des abcès ou carrément être mis hors d’état de fonctionnement. Signalons que le niveau de gravité est accéléré si le patient souffre d’autres pathologies telles que le diabète, le déficit immunitaire ou s’il est d’un âge avancé.

Dans le plus extrême des cas, la solution peut être l’hémodialyse, c’est-à-dire la mise en place d’un rein artificiel, ou la greffe rénale.

Pour les cas de prostatite, le patient peut être confronté à un blocage intégral de la vessie, provoquant ainsi une rétention sévère d’urine ou une orchite. L’orchite est la propagation des cellules bactériennes vers les testicules.

Pour les femmes enceintes, l’infection urinaire aggravée peut donner lieu à un accouchement prématuré.

Comment soigner une infection urinaire ?

Le traitement d’une infection passe par la détermination de la bactérie provocatrice. C’est ce qui permettra au médecin de vous prescrire un antibiotique correspondant. Celui-ci peut être en dose unique ou d’un traitement étalé sur une certaine durée. Dans tous les cas, l’objectif du médicament sera d’éradiquer les cellules bactériennes.

Cependant, il est possible qu’après avoir débuté le traitement, les manifestations continuent, en raison de la résistance des cellules bactériennes. Rassurez-vous sur le fait que pendant ce temps, l’inflammation de la vessie est progressivement atténuée. Pour espérer une guérison, vous devez assidument suivre les prescriptions du médecin, en ce qui concerne les doses et la durée du traitement. Même si, avant la fin de la durée de traitement indiquée, vous sentez une disparition des manifestations, continuez la prise du traitement quand même.

Mais si au contraire, vous ne sentez aucune amélioration pendant un moment, veuillez l’indiquer à votre médecin pour qu’il vous oriente vers un autre traitement. Il est probable que la bactérie soit plus résistante au premier.

Veuillez boire assez d’eau pour favoriser l’évacuation du traitement. Lorsque les manifestations de l’infection auront complètement disparu, il est possible que le médecin recommande un autre ECBU pour être certain que la bactérie a été éliminée.

En cas d’infections plus sévères, le médecin prescrira un médicament plus fort ou élever les doses de votre traitement actuel. Il peut également indiquer des analgésiques pour atténuer les douleurs.

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