Différentes générations de pilules

Les différentes générations de pilules : distinctions, risques…

La pilule contraceptive est le mode de contraception le plus utilisé dans l’Hexagone et l’un des plus fort taux au monde. D’après les derniers chiffres publiés sur le sujet, 60 % des femmes âgées entre 20 et 44 ans choisiraient en effet ce mode de contraception en France. D’après l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), ce chiffre augmenterait même à plus de 70 % chez les femmes sexuellement actives âgées de moins de 35 ans qui ne souhaitent pas être enceinte. Il s’agit encore une fois d’une particularité française car à l’échelle internationale, c’est le stérilet hormonal qui est préféré.

La pilule contraceptive donc comme moyen de contraception privilégié, oui mais laquelle ? En effet, pas toujours facile de s’y retrouver… De nombreuses marques sont disponibles et il existe également différentes générations de pilules. Première, deuxième, troisième et même quatrième génération : alors c’est quoi la différence ? Laquelle choisir ? Et finalement, comment ça fonctionne une pilule ? Nous faisons le point sur la ou pour mieux dire « les » pilules contraceptives.

Le fonctionnement de la pilule contraceptive

Quelque soit la génération, la « pilule » comme elle est dénommée communément fait référence à la pilule combinée ou œstro-progestative. C’est-à-dire que ce médicament se compose de deux hormones, l’œstrogène et la progestérone qui sont responsables de la contraception.

Ces hormones vont agir sur trois fronts pour éviter la grossesse. D’une part, l’ovulation va devenir impossible car ces hormones vont empêcher la maturation des ovocytes. Deuxièmement, la sécrétion de l’utérus ou glaire cervicale va s’épaissir et devenir ainsi imperméable aux spermatozoïdes. La fécondation est donc rendue impossible. Troisièmement, l’endomètre (muqueuse utérine) va se rétrécir et empêcher la nidation de l’ovule.

Ces trois mécanismes garantissent ainsi une efficacité théorique de 99,5 %. Dans la pratique cette efficacité baisse à cause des mauvaises utilisations telles que « l’oubli ».

Trois mécanismes qui garantissent la contraception, une efficacité qui frôle les 100 %, avec de tels résultats, pourquoi existe-t-il quatre générations de pilules ?

Les différentes générations de pilules 

Lorsque l’on parle de « générations » de pilule on fait en réalité référence à la composition des pilules. Les pilules contraceptives et notamment leur dosage en œstrogène et progestérone varie en effet d’une génération à l’autre. Etant donné que le taux d’hormones et le type d’hormones utilisé varie en fonction des générations, les effets secondaires (aussi bien négatifs que positifs) vont également être différents d’une pilule à l’autre (et bien évidemment d’une femme à l’autre aussi).

Vous le savez certainement mais il est toujours bon de le répéter : une pilule contraceptive doit être prescrite par un professionnel de santé, au cas par cas et après un bilan de santé complet. Il n’y a pas de règle absolue, et ce qui peut être valide pour l’une ne sera pas forcément valide pour l’autre.

  • Les pilules de première génération

Apparues dans les années soixante, les pilules de première génération se caractérisent par un fort taux en œstrogène. Le progestatif utilisé est le noréthistérone. Actuellement, il n’y a plus qu’une seule marque de pilule de première génération commercialisée dans l’Hexagone : Triella.

  • Les pilules de deuxième génération

Les pilules de deuxième génération sont commercialisées une dizaine d’années plus tard, dans les années 70 et 80. La différence entre pilules de première et deuxième génération se situe au niveau de leur composition. Ces pilules contiennent d’autres progestatifs : lévonorgestrel et norgestrel. Différentes marques sont aujourd’hui disponibles : Minidril, Trinordiol, Adepal, Leeloo, Optilova, Stediril.

  • Les pilules de troisième génération

Les pilules de troisième génération peuvent être « monophasiques » ou « triphasiques / multiphasiques ». Les pilules monophasiques ont un taux d’hormones identique pendant la totalité du cycle. Les pilules multiphasiques présentent quant à elles un taux d’hormones différent. Cette variation a pour vocation d’imiter plus fidèlement le cycle menstruel naturel de la femme.

Les pilules de troisième génération utilisent elles aussi un autre progestatif, l’un des trois nouveaux mis au point : désogestrel, gestodène, norgestimate. Différentes marques de pilules de troisième génération sont commercialisées en France comme par exemple : Carlin, Cerazette, Cilest, Desobel, Ethin, Desogesterel, Efezial, Felixita, Moneva, Phaeva, Sylviane, Triafemi, etc.

  • Les pilules de quatrième génération

Les pilules de quatrième génération sont les plus récentes. Elles sont monophasiques et se présentent sous la forme de plaquette de 21 ou 28 comprimés. Encore une fois, c’est un nouveau progestatif qui est utilisé : la drospirénone. Parmi les pilules de quatrième génération disponibles on trouve : Belanette, Convuline, Jasmine, Jasminelle, Rimendia, Yaz, etc.

Les différences entre les quatre générations de pilules

Comme vous avez pu le constater, la différence majeure entre les différentes générations de pilules réside dans l’hormone progestative utilisée. Le progestatif varie en effet d’une génération à l’autre tout comme le dosage des hormones de manière générale : la quantité d’hormones utilisées à tendance à diminuer à mesure que les nouvelles générations de pilules sont mises au point. Mais quels avantages et aussi quels risques entrainent l’utilisation de telle ou telle hormone, de telle ou telle génération de pilule ?

Les pilules de première génération ont tendance à provoquer divers effets secondaires négatifs tels que migraines, gonflement des seins, troubles vasculaires, nausées. La deuxième génération de pilule a donc été mise au point pour diminuer ces effets secondaires, avec un certain succès. Cependant le risque de thrombose veineuse persiste. Les pilules de troisième génération ont l’avantage de diminuer encore ces effets secondaires désagréables.

Elles entraineraient notamment une diminution sensible de l’acné, des douleurs mammaires ou encore des migraines. Par contre les risques d’accidents thrombo-emboliques seraient plus élevés qu’avec les précédentes générations de pilules. Enfin les pilules de quatrième génération seraient comparables au niveau des effets secondaires que celles de troisième génération.

C’est ce risque accru de thromboses et d’embolies pulmonaires qui serait au cœur de la polémique actuelle sur les pilules de troisième et quatrième génération, mais qu’en est-il vraiment ?

Ces pilules ne doivent désormais plus être prescrites en première intention. Le médecin doit en effet proposer premièrement une pilule de deuxième génération. Si une pilule de troisième ou de quatrième génération vous a été prescrite en première intention et sans que votre médecin ne vous interroge sur vos antécédents personnels et familiaux de troubles vasculaires (thrombose, embolie pulmonaire, phlébite, accidents vasculaires), vous devez impérativement en rediscuter avec lui.

N’arrêtez pas votre traitement d’emblée pour autant. On le répète encore une fois : parlez-en avec votre médecin avant toute décision ou changement de moyen contraceptif. Une pilule de troisième ou quatrième génération peut très bien vous avoir été prescrite à juste titre, notamment pour des intolérances aux pilules de deuxième génération. Si vous avez des doutes, des questions, encore une fois n’hésitez pas à interroger votre médecin et lui demander de vous exposer les bénéfices / risques de telle ou telle pilule par rapport à votre cas personnel.

Si le risque de thrombose veineuse est effectivement plus élevé avec les pilules de troisième et quatrième génération, quelle est l’amplitude réelle de cette augmentation ? Voici les chiffres objectifs.

Il faut savoir que les risques de thrombose veineuse chez une femme prenant la pilule restent somme toute limités. On estime ainsi que chez les femmes qui ne prennent pas de pilules, le risque de thrombose veineuse est de 0,5 à 1 femme sur 10 000. Pour celles qui prennent une pilule de deuxième génération le risque de thrombose veineuse est de 2 femmes pour 10 000. Pour celles qui prennent une pilule de troisième génération ou de quatrième génération, le risque de thrombose veineuse augmenterait donc et passerait de 3 à 4 femmes pour 10 000.

Pour vous donner une idée plus concrète des risques réels que ces chiffres représentent, il faut savoir qu’en cas de grossesse, le risque de thrombose veineuse est ainsi de 6 pour 10 000 femmes enceintes.

D’autres facteurs de risques augmentent également les risques de troubles vasculaires. Il s’agit par exemple du tabac, de la consommation d’alcool, de l’âge, d’un mode de vie sédentaire, d’une mauvaise hygiène de vie ou de certains problèmes de santé : diabète, obésité, hypertension, etc.

Encore une fois, discutez-en avec votre médecin afin d’évaluer ensemble l’option contraceptive la mieux adaptée à votre situation.

Date de mise à jour :

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>